
Bérangère - “J’ai accepté de vivre simplement mes émotions désagréables et de comprendre l’importance de leur laisser la place qu’il faut. ”
Francine - “ J’ai cessé de ”patauger” dans mes sentiments, je les ai affrontés un à un, jusqu’au bout, sans les mettre de côté. “
Luc - ” Le groupe m’a permis de voir au fond de mon cœur et de me débarrasser de ma colère et de ma culpabilité. Je peux voir l’avenir avec moins de noirceur, faire de nouveaux projets et peut-être, reprendre goût à la vie. “
Pour moi, perdre un enfant, ça a été la descente aux enfers dans un tourbillon frénétique. Funérailles, puis perte d’emploi, recherche d’emploi, mal à l’âme, des amis qui ne comprennent pas et qui s’éloignent, d’autres qui se rapprochent. Après un certain temps qui paraît interminable, deux ans, cinq ans, peut-être plus, j’ai commençé à comprendre, et à accepter, ce qui est arrivé. J’ai constaté lourdement que la perte d’un être cher, ma fille !, est à coup sûr l’événement le plus difficile que j’aie eu à subir au cours de ma vie. Cet événement a causé un stress énorme sur mon couple, une déstabilisation du réel, un bouleversement de toute notre vie affective, sans parler du sentiment d’isolement qui mène presque au désespoir.
Heureusement, avant qu’il soit trop tard, je comprends que j’ai besoin d’aide. Cette aide, ma femme et moi la trouvons au sein de l’organisme Entraide-Deuil de l’Outaouais. Nous y suivons un cheminement du deuil de 10 semaines, où nous nous investissons dans le cadre d’une réunion hebdomadaire d’une durée 2 h 30, en compagnie d’autres personnes qui ont vécu une perte semblable à la nôtre. On nous y fait parler et extérioriser nos sentiments, frustrations, déceptions, rêves envolés, etc. Durant dix soirées qui toutes passent très vite, nous prenons le temps d’essayer de comprendre ce qui nous est arrivé, le pourquoi d’une telle épreuve qui rend notre vie tellement cruelle à nos yeux. En nous familiarisant avec les différentes phases du deuil telles le choc, la négation, la dépression, la colère, la pleine conscience de la perte et enfin l’héritage que nous laisse la personne qui nous a quittés, peu à peu, notre chagrin devient moins lourd à supporter.
Aujourd’hui, ce que je peux vous dire, c’est qu’à la suite de la mort d’un enfant, nos espoirs, nos rêves et nos plans d’avenir sont complètement démolis. Notre vie si paisible auparavant vient d’être bouleversée à jamais. À la longue, je me suis aperçu que mon deuil est unique, que personne, ni même ma femme, ne vivra cette perte exactement de la même manière que moi.
On doit comprendre que le deuil peut grandement nous affecter dans nos relations avec notre famille et dans notre milieu de travail avec nos confrères et notre employeur. Un deuil non-résolu peut mener à la dépression et laisser des séquelles importantes en termes de santé physique et mentale. Il est donc important de bien prendre soin de nous et de demander de l’aide pour nous aider à reprendre goût à la vie.
Aujourd’hui, mon épouse et moi consacrons de nombreuses heures de bénévolat au sein d’Entraide-Deuil de l’Outaouais à aider les personnes souffrant de la perte de leur enfant. Nous nous efforçons de faire bénéficier d’autres parents endeuillés de l’aide que nous-mêmes avons reçue quand nous en avons eu besoin. Surtout, nous avons tiré une grande leçon de cette triste expérience : il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide lorsque la vie est trop difficile à affronter.